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Impasse Baron d’André


La famille d'André est originaire de Buzet et sa fortune fut tirée de la culture du pastel. Elle avait des liens avec la famille rabastinoise des Falguière. Au début du XIXe siècle, Jean Pierre Joseph d'André épouse Anne Marie Claire de Falguière. Ils eurent un fils, Jean Marie Armand d'André, né à Rabastens en 1804, qui embrassa la carrière de diplomate et devint, à l'âge de 24 ans, baron d'André (grâce aux relations de sa mère dans les milieux proches du roi Charles X).

Celui-ci se marie en 1845 avec Charlotte Boullet de Varennes, filles de Charles, pair de France et premier président de la Cour d'Amiens. De cette union naquirent 3 enfants, Virginie en 1848, Arnaud en 1851, puis Charlotte fin 1853. Fin 1857, la baronne décède d'un coup de froid contracté en Hollande. En 1859, le baron regagne la France avec ses enfants et leur préceptrice. Il demande sa disponibilité pour s'occuper de l'éducation de ses enfants. Arnaud, élève brillant, commença des études de droit avant de se raviser et de suivre l'exemple paternel dans la voie diplomatique. Son père fut rappelé aux affaires et, de 1862 à 1866, occupa le poste de chef de cabinet du Ministre des affaires étrangères, Mr Drouyn de Lhuys. Il prit sa retraite à 62 ans.
 
Arnaud, baron d'André, deuxième du nom, se lança dans la carrière diplomatique en 1872. Il épousa en 1878 Louise Marie-Joséphine Aubé de Bracquemont. De leur union, naquit Anne.
 
Son père fréquentait la haute société d'Amiens et de Paris, où il avait ses deux résidences. Il avait également conservé des propriétés dans le Rabastinois, des biens hérités de sa mère. Arnaud et Louise y venaient fréquemment, mais pas le baron. Le jeune couple décida de s'installer définitivement dans les terres tarnaises de l'ancien diplomate, qui s'éteignit le 23 octobre 1880, à l'âge de 76 ans. A cette époque, son fils et sa belle-fille habitaient l'immeuble du quai des Escoussières, à Rabastens, dont le rez-de-chaussée est maintenant occupé par la pharmacie centrale. A la suite de la disparition de son père, Arnaud d'André abandonna la carrière diplomatique.
 

Le château de la Souque

Il avait passé commande à un architecte parisien, Mr Parent, des plans de sa future demeure, un manoir. Le terrain où ce dernier devait être construit fut acheté en 1881 : il étai situé au lieu-dit La Souque. Les premiers plans de l'architecte adoptèrent la dénomination de château de la Souque. Ce nom est resté. La construction de cette demeure classique, en briques, pierre et ardoises, dura de 1881 à 1884, une aile supplémentaire ayant été édifiée au début du XXe siècle. Une architecture « grand siècle », que l'on croise plutôt sur les terres picardes de l'enfance du baron. C'est le château de Couffouleux..., dotée de sa chapelle, Saint-Anne. Anne fut justement la fille unique du baron et de la baronne d'André et, donc, leur unique héritière. De son mariage avec le vicomte Louis de Carné-Marcein, naquirent trois enfants : Olivier, qui fit carrière dans les armes (il devint même général), Colette, épouse du marquis de Villeneuve, Guyonne, mariée au comte Hervé de Guerdavid, qui fut maire de Couffouleux durant plus de 40 ans et conseiller général du Tarn. Ce dernier couple occupa le château de 1946 à 1971, les propriétaires suivants étant Philippe Clermont (jusqu'en 1983), Robert Jammes (jusqu'en 1989), Christian Hess (jusqu'en 1997), puis le Gersois Jean-Paul Saint-Criq. Le 21 juin 2002, un violent incendie dévasta la toiture et les 7 chambres du premier étage. Le bâtiment est en cours de restauration, les ardoises ayant cédé la place au zinc.
 

L'école Sainte-Anne

On doit aussi au baron d'André, la construction d'une école primaire, Saint-Anne, qui ouvrit ses portes le 1er octobre 1887, le long de la route de Saint-Sulpice, sur une partie du parc du château. L'école, privée, était tenue par des soeurs de la Congrégation des filles de Jésus, dont la maison-mère est établie, encore maintenant, sur la commune de Massac-Séran, à quelques kilomètres de Lavaur. En 1902-1903, la Loi interdit aux membres d'une congrégation de diriger un établissement scolaire ou à exercer une fonction pédagogique. L'école, un temps fermée, fut réouverte : des soeurs furent en effet relevés de leur voeux monastiques et purent ainsi continuer à enseigner et à diriger l'école. En 1961, ce sont des institutrices laïques qui reprirent le flambeau, en 1975, les soeurs qui y étaient restés pour l'édification religieuse et morale des élèves se retirèrent. En 1978, l'école de Saint-Victor ferma ses portes et le bâtiment devint un lieu d'habitation. La statue de Sainte-Anne, patronne des enseignants, a élu domicile dans l'église Saint-Victor toute proche.
 

L'église Saint-Victor de la Souque

L'église Saint-Victor de la Souque, justement, est aussi une construction due à la volonté et aux mannes du baron d'André. Elle fut édifiée en 1897 et sa silhouette, élancée, au style néogothique, étonne dans son environnement rural. Elle prit la suite d'un modeste prieuré-cure, très précairement entretenu. L'église est due à l'architecte-ingénieur toulousain, et cousin du baron, D'Welles. Le projet du baron, appuyé par l'archevêque, reçut l'assentiment du Conseil de fabrique de la Paroisse de Saint-Victor, lequel statua également qu'un caveau soit construit dans la chapelle de la Sainte-Vierge, concédée à perpétuité a la famille d'André et à ses descendants. Le projet fut également approuvé par le Conseil municipal de Couffouleux, le 9 février 1896, présidé par son maire Jean Bérenguier, d'autant que le baron s'engageait à céder l'église à la commune, une fois le chantier achevé. Ce dernier dura à peine un an. L'inauguration de l'église eut lieu le 25 juillet 1897. Couffouleux était dotée d'un nouveau lieu de culte.
 
 
Source : Couffouleux d'Albigeois – Histoire et patrimoine (de Martine Bourdariès et Claude Lautier, éd. Confluences, septembre 2005).